La veille du discriminâgisme

(discrimination par l’âge)

Nous inaugurons cette page où seront relevées au gré de nos observations des informations évoquant la discrimination de nos aînés du fait de leur âge, discrimination directe ou bien indirecte au travers de celles qui frappent leurs aidants.

Nous entendons ici comme discrimination toute distinction opérée entre des personnes sur le fondement de leur âge avancé et aboutissant à une inégalité de traitement sans raison légitime (définition légale de référence de la discrimination).

La visée de cette page est de contribuer à une prise de conscience plus large de la fréquence de cette discrimination dans nos sociétés. Un tel travail de sensibilisation n’implique pas, selon nous, d’être dans une posture systématique de dénonciation ; il peut impliquer parfois de se féliciter d’une avancée dans le sens du principe d’égalité, ou bien de partager une perplexité, donc un questionnement éthique autour du risque de « discriminâgisme ».

Janvier 2020

Commentaire de PDAP : malgré ce titre accrocheur, on ne lit aucune information argumentée sur le discriminâgisme dans ce papier.

On y retrouve le témoignage d’un gériatre évoquant de manière extrêmement floue le tri à l’hôpital (« nous nous sommes demandés si »), puis l’évocation de déclarations de certaines personnalités, sans les citer.

Enfin, ce texte traite plus longuement de la récente enquête d’Ipsos concluant que le « plaisir de vivre » des seniors se dégrade. Mais cette enquête ne relève pas que le sentiment de discrimination en serait une cause importante ; seul le « niveau de dépendance » est cité.

Dommage que ce genre de présentation contribue davantage à alimenter l’immense chœur national des râleries tous azimuts qu’à faire avancer la cause.

En revanche, on lit sous cet article le commentaire de « lobo46 », beaucoup plus utile à la lutte contre le discriminâgisme.

« La ségrégation est plus pernicieuse que l'on croit ... et n'a rien à voir avec le coronavirus. J'ai plus de 70 ans. J'ai voulu faire un petit emprunt pour changer de moto ; ma banque a refusé.

Vexé, j'ai changé" de banque (c'est du boulot !).Même réponse. J'ai essayé les sites spécialisés. Même chose. Je précise que je suis en bonne santé, et ai une garantie financière largement suffisante. »

Voilà un témoignage précieux pour faire avancer la cause des aînés ; du vécu clair et précis. L’association PDAP collecte ce genre de témoignages pour engager une action publique le moment venu sur le sujet.

N’hésitez pas à nous écrire à notre adresse de contact : association@pdap.fr

  • 31 juillet 2020. La commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur la gestion de la crise de la COVID-19 poursuit ses travaux ; ceux-ci doivent se terminer au plus tard fin novembre prochain. Dans l’attente du rapport, on entend dire que l’une des interrogations les plus pressantes lors des auditions de cette commission vise la réalité du tri des patients avant admission en service de réanimation selon le critère de l’âge. Cliquez ici pour lire la suite...

Ainsi Le Monde du 29 juillet présente des données inédites obtenues par la commission conduisant ce journal à affirmer que « dans certaines régions, au pic de la vague épidémique, les plus de 75 ans ont eu un accès limité aux services de réanimation. »

Parallèlement, le même journal informe qu’une première plainte pour crime de « délaissement ayant entraîné la mort de la victime » a été déposée le 24 juillet par 28 proches de victimes décédées de la COVID-19. Les plaignants reprochent notamment un « tri » opéré envers ces victimes.

Commentaire de PDAP : c’est l’un des effets collatéraux positifs de ce drame sanitaire que d’avoir fait émerger en pleine lumière le problème éthique, redoutable mais pas neuf, de la sélection préalable à l’admission en service de réanimation.

En présence de patients d’âge avancé, se pose souvent le dilemme éthique du soin « proportionné », autrement dit la recherche de la juste mesure entre l’excès de l’acharnement thérapeutique (réanimer à tout prix) et celui de la perte de chance d’une vie convenable prolongée grâce à la réanimation. Mais depuis quelques années, avec le vieillissement constant de la population globale alors que l’offre de lits de réanimation est stable en France (ou même régresse selon les sources), le problème a pris une autre ampleur. La forte augmentation des demandes d’admission en réanimation dans un contexte de rationnement budgétaire confronte en effet les équipes soignantes à être de plus en plus fréquemment devant un arbitrage délicat pour accepter ou refuser un patient dans leur service. L’âge du patient est l’un des critères venant éclairer cette décision ; et en contexte extrême, comme celui du haut de la vague de la COVID-19, il n’est pas exclu que l’âge avancé ait pu être un critère « suffisant » à lui seul pour refuser un patient dans un service de réanimation saturé. Nous attendons que la commission d’enquête dresse un bilan précis des pratiques réellement constatées pour prendre position.

Pour l’heure, nous nous félicitons que le débat enfle car, comme nous l’écrivions ici en mai dernier, dans une société démocratique, taire la réalité du tri serait encore plus alarmant que la réalité et l’ampleur de ce tri elles-mêmes.

Mais ce serait faire injure au milieu des urgentistes et des réanimateurs que de prétendre débusquer un « scandale » qu’il chercherait à taire. Ceux-ci se préoccupent depuis au moins deux décennies de savoir si l’âge avancé est un critère discriminant dans les pratiques observées, et la réponse était déjà affirmative il y a dix ans ! Voir un point sur la question en 2009 ici. Ces mêmes professionnels réclament de longue date un débat de société sur l’« Admission en réanimation du sujet âgé à partir du service des urgences ». Voir aussi : « Critères d’admission des personnes âgées en réanimation ».

Il serait donc regrettable de transformer en polémique passagère un questionnement éthique fondamental et complexe qui monte inexorablement en France depuis de nombreuses années et que la crise de la COVID-19 n’a fait que révéler au grand public. L’actualité de cette pandémie nous pousse à penser à l’échelle de toute la société, et non plus à celle de quelques spécialistes, le sujet de l’admission des patients âgés en service de réanimation. PDAP souhaite y contribuer au regard de la réalité des pratiques constatées.

Nota : nous reprenons l’affreux « tri », un mot violent mais malheureusement juste puisqu’il décrit une réalité non moins violente.

  • 7 juin 2020. A l’occasion du déconfinement, le thème de l’âgisme s’est déployé au long du mois de mai dans le débat public, pour la première fois et sous de multiples formes. La livraison du 20 mai de l’hebdomadaire Courrier International (Une : « Coronavirus – La lutte des âges ») a permis de prendre un peu de champ par rapport au traitement de cette actualité sur la scène française. Cliquez ici pour lire la suite...

De Budapest : « Afin d’étouffer le feu anti-vieux qui couve, il faut rendre sa liberté à la population active tout en renforçant la protection des plus anciens. (…) Si le gouvernement s’était concentré sur la protection des maisons de retraites et des anciens plutôt que de s’évertuer à priver les jeunes de leur liberté, le résultat serait bien meilleur. (…) Tergiverser n’a aucun intérêt. Chaque journée perdue attise le ressentiment contre les vieux. »

De Los Angeles : « L’âgisme est discret mais omniprésent dans la culture américaine depuis des décennies [mais] pourrait s’être amplifié pendant la pandémie (…) la saison des discriminations contre les personnes âgées et vulnérables est ouverte. »

De Bruxelles, un journaliste sexagénaire : « Soudain je suis devenu une personne à risque. (…) J’ai l’impression d’être privé de sortie comme un adolescent rebelle qui a fumé un joint. (…) Laissez-nous mettre en balance l’affection et l’infection – c’est-à-dire décider si nous préférons voir nos amis et nos petits-enfants, ou bien rester chez nous. »

Commentaire de PDAP : l’on croyait que l’économie dominait la pensée de nos responsables politiques, mais cette emprise soudaine de la logique médicale sur nos vies montre qu’on se trompait. A-t-on gagné au change ? Ce n’est pas sûr. L’on se retrouve assez bien dans la critique du philosophe André Comte-Sponville s’exprimant dans de nombreux médias européens pour dénoncer le tout-médical et « le sacrifice de ma liberté sur l’autel de la santé. » ainsi d’ailleurs que « le sacrifice des jeunes au détriment des personnes âgées. »

Autre observation : même si nos gouvernants ont été contraints d’arbitrer dans l’urgence, nous sommes tout de même troublés qu’une décision aussi attentatoire à la liberté de tous que l’obligation de se confiner pour une période indéterminée ait pu être prise sans véritable débat parlementaire, ni même de vote préalable.

Les citoyens aînés pourraient être punis de cette politique bien qu’ils n’en soient pas responsables. Aux Etats-Unis, le Los Angeles Time déjà cité craint ainsi que les victimes économiques du confinement « cherchent quelqu’un à blâmer » et trouvent les personnes âgées.

Nous sommes sans doute dans un moment de basculement où les âgés paraissent être entrés explicitement au cœur du jeu social ; mais il est sans doute trop tôt pour s’en féliciter car l’on peut craindre une recrudescence du « discriminâgisme ». La vigilance reste donc de mise.

  • 17 mai 2020. Durant la première quinzaine de ce mois, le sujet d’une possible discrimination des aînés face à l’encombrement des services hospitaliers de réanimation est souvent revenu.

L’on signalera en particulier ici le débat organisé par le Conseil national des barreaux « Droit des patients, droit des soignants » du 07 mai où le médecin, président d’une instance fédérale, réduit le sujet à une « polémique » tandis qu’Emmanuel HIRSCH, philosophe et professeur d’éthique médicale rétorque que tout n’a pas été si simple : « Dans un contexte dégradé où l’on a dû prioriser, il y aura une étude fine à faire pour savoir comment cela s’est réellement passé, comment l’on priorise. Ce sont des questions démocratiques qui ne sont pas que médicales (…) on sait très bien que pour qu’un choix soit justifié, il faut qu’il soit proportionné. » Cliquez ici pour lire la suite...

Ce critère du soin « proportionné », aussi vieux que l’éthique, soin ajusté à l’âge en l’occurrence, a été fort bien expliqué dans le contexte du COVID-19 par le Dr Véronique FOURNIER dans cette interview du 09 mai.

Mais il y a bien une polémique qui monte, elle est parfois extrêmement vive et les dénonciations viennent de personnels de santé eux-mêmes. Voir ainsi sur le blog d’un médecin de centre COVID ou cette publication sur le site de Marianne.

Commentaire de PDAP : la réalité (ou non) d’un tri discriminant des patients âgés et les repères éthiques à mobiliser dans une telle situation doivent être débattus publiquement. La grande difficulté à en parler collectivement est encore plus alarmante que la réalité et l’ampleur de ce tri elles-mêmes. Dans une société démocratique, après ce que nous venons de traverser, un débat public s’imposerait. Et avant même cela, le premier besoin serait que le monde médical soit très clair sur ses principes d’action dans ce contexte. Comme le préconise Maître Bénédicte PAPIN dans le débat cité plus haut : « Tout cela doit donner lieu à une transparence, à une communication avec les familles notamment, de façon que la prise de décision puisse être comprise et, autant que faire se peut, acceptée. »

La HAS Fribourg communique les premiers résultats de son étude sur « Le vécu des personnes de 65 ans et plus au cœur du COVID-19 » en Suisse romande. » 2 480 questionnaires ont été remplis par des participants de 72 ans de moyenne d’âge. Cliquez ici pour lire la suite...

On peut lire dans le communiqué notamment ce qui suit (c’est nous qui soulignons) :

« Un regard social en nette péjoration à cause de leur âge

La moitié des participant-e-s (49,5%) pense que les plus jeunes portent sur les 65 ans et plus un regard qui a changé de manière négative, voire très négative depuis le début de la crise COVID-19. Nombreux sont celles et ceux qui estiment (60.8%) que les médias contribuent à véhiculer une image négative, voire très négative des 65 ans et plus en cette période de crise. Depuis le début de cette crise, 3 personnes sur 5 ont le sentiment d’être traitées de manière différente et 1 sur 5 rapporte avoir été traitée de manière injuste à cause de son âge. 60,3% des participant-e-s trouvent que les 65 ans et plus sont traité-e-s de manière injuste, toujours à cause de leur âge. »

Commentaire de PDAP : Le titre paraît discutable car il s’agit d’un intéressant témoignage sur le discriminâgisme ressenti par les personnes âgées et non sur le regard que « les autres » portent sur elles.

L’on peut aussi se demander si c’est vraiment « le regard qui a changé de manière négative » à l’occasion de la crise sanitaire ou si celle-ci a été le révélateur d’une situation préexistante. A suivre…

  • 25 avril 2020. Depuis le début de la crise, le Haut Conseil de la Santé Publique publie des avis successifs énonçant des « Recommandations relatives à la prévention et à la prise en charge du COVID-19 chez les patients à risque de formes sévères ». Le profil de ces patients est énuméré : antécédents cardiovasculaires, certains diabètes, etc. Dans son avis provisoire du 14 mars 2020, le premier profil est : « personnes âgées de 70 ans et plus ». Cliquez ici pour lire la suite...

Pour ces patients, le Haut Conseil recommande un « respect de mesures de prévention strictes » en particulier restreignant les déplacements et les visites. Dans son avis suivant du 31 mars 2020, les « personnes âgées de 70 ans et plus » sont confirmées à la première place de la « liste des personnes à risque ». Dans l’avis actualisé du 24 avril 2020, cet âge est avancé « à 65 ans suite à des publications récentes ». Les recommandations de distanciation sociale y sont confirmée.

Commentaire de PDAP : en cette période si particulière, on pense devoir entendre avec quelque bienveillance ce souci de protection des plus ou moins vieux. Il n’empêche : on ne peut ignorer qu’un tel souci distille inévitablement une petite musique de fond légitimant l’idée que ces citoyens-là devraient être traités différemment du reste de la population. Il importe donc de rappeler régulièrement ce risque pour qu’il ne se développe sournoisement à la manière d’un cancer ignoré.

Autre chose : la lecture attentive de l’avis détaillé du 24 avril 2020 sous forme de courrier au directeur général de la Santé permet de relever que parmi les 2 804 cas admis en réanimation depuis le 16 mars, la classe d’âge la plus représentée était celle des 45-64 ans (38%), ce pourcentage descendant à 35% entre 65 et 74 ans et à 18% au-delà. Cette répartition, étonnante a priori au regard de l’affirmation d’une vulnérabilité augmentant avec l’âge, ne paraît pouvoir s’expliquer que par une sélection des patients admis en réanimation, sujet hautement sensible sur lequel PDAP recherche des éclaircissements.

« Faut-il choisir de continuer à confiner les plus âgés d’entre nous, les protéger, y compris de leur propre désir de liberté et, au besoin, par l’obligation ? L’état du droit, qui dicte l’impossibilité de toute mesure discriminatoire (…) aurait pu clore le débat immédiatement. »

« (…) l’hypothèse (…) a touché là un symbole. Celui de la place de la vieillesse dans notre société et le traitement des personnes âgées qui seraient mises sous tutelle, comme des incapables – au sens juridique – qu’elles seraient devenues, inaptes à savoir ce qu’il est bon pour elles-mêmes. »

Commentaire de PDAP : Si l’on veut bien surmonter l’obstacle du titre particulièrement jargonnant, l’on trouvera une note de 16 pages présentant un miroir réfléchissant la conception du vieillissement dans nos sociétés et quelques propositions pour changer les manières de voir.

Les remarques introductives citées au-dessus relaient le débat public que nous avons déjà évoqué les jours précédents.

Le communiqué :

"Dans le prolongement des déclarations du professeur Jean-François Delfraissy lors d’une audition devant le Sénat, le Président de la République a vu monter le débat sur la situation de nos aînés après le 11 mai. Il ne souhaite pas de discrimination entre nos concitoyens après le 11 mai, dans le cadre de la sortie progressive du confinement, mais en appellera à la responsabilité individuelle."

Commentaire de PDAP ainsi est close la polémique, mais pour combien de temps ?

  • 15/16 avril 2020. Concert de protestations devant la perspective de retirer aux personnes âgées leur liberté fondamentale « d’aller et venir » au prétexte de les protéger. Par exemple, interview du Pr Axel Kahn sur RTL. Cliquez ici pour lire la suite...

Commentaire de PDAP : le contexte exceptionnel de la pandémie permet de sensibiliser très largement au risque de maltraiter les âgés quand on prétend les protéger sans leur demander leur avis. Vivre en bonne santé, c’est d’abord vivre, vivre ses choix, prendre un minimum de risques.

L’intervention la plus remarquable du moment en ce sens est le communiqué de l’Académie nationale de médecine : « Sortir de l’épidémie de Covid-19 : Pour une méthodologie de déconfinement respectueuse de l’Humain ». Extraits : « La tentation simplificatrice consistant à gérer cet épisode par tranches d’âge et à imposer aux personnes âgées, au nom de leur propre protection, de rester confinées n’est pas satisfaisante. (…) L’amalgame entre personnes âgées, personnes en situation de handicap et personnes affectées par des maladies chroniques, compréhensible pour un statisticien, peut être très mal vécu par les personnes humaines ainsi cataloguées. (…) Il existe une confusion latente entre la population globale des seniors et celle des EHPAD. (…) Si l’idée de déconfiner les seniors en dernier repose sur le souhait de les protéger, elle tend à en faire des citoyens de second rang. (…) Vaut-il mieux prendre un risque contrôlé en respectant les gestes barrière pour vivre avec les autres, ou s’étioler dans une solitude sans espoir ? »

  • 11 avril 2020. Dans une interview au tabloïd allemand Bild, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, estime que les contacts des personnes âgées avec leur environnement en Europe vont devoir rester limités au moins jusqu'à la fin de l'année dans l’attente d’un vaccin ; « les enfants et les jeunes jouiront plus tôt de davantage de liberté de mouvement que les personnes âgées et celles avec des antécédents médicaux ». Cliquez ici pour lire la suite...

Commentaire de PDAP : au plus haut niveau de nos institutions, une femme sexagénaire alimente le moulin du discriminâgisme dans le média le plus populaire du pays européen le plus puissant.

  • 7 mars 2020. Publication d’une loi dont l’article 1er élargit au-delà de 75 ans le bénéfice de la « prestation de compensation du handicap », aide pour l’aménagement du logement, par exemple ou d’une aide à domicile, (PCH, à ne pas confondre avec l’APA, beaucoup moins intéressante). Cliquez ici pour lire la suite...

Jusque-là il n’était pas possible de demander la PCH après 60 ans sauf si le handicap avait été reconnu avant cet âge, mais cette exception ne pouvait plus être invoquée après 75 ans. De plus, le droit à la PCH est désormais valable à vie dès lors que « le handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement. » .

Commentaire de PDAP : cette heureuse information est très technique mais elle mérite d’être relevée ici car elle remet un peu plus en cause le triste principe administratif français qui veut que l’on est soit « personne âgée », soit « personne handicapée », avec des droits afférent à l’un ou l’autre état, mais que l’on ne peut être les deux.

  • 16 février 2020. La MACSF est, selon ses termes, « l’assureur des professionnels de la santé ». On lit en page 7 de la notice d’information de son assurance-vie multi-support : « L’âge limite à l’adhésion est fixé au jour du 85ème anniversaire de l’Adhérent/Assuré. » Cliquez ici pour lire la suite...

Commentaire de PDAP : Ce cas semble ne pas isolé ; il est intéressant qu’il émane d’un professionnel spécialisé dans les personnels de santé. Il s’agit là a priori d’un exemple de discrimination réprouvée par le Défenseur des droits et la HALDE dans la mesure où elle est fondée exclusivement sur le critère de l’âge. Sa légalité est douteuse.

  • 1er février 2020. L’Institut national du cancer diffuse un dépliant Dépistage du cancer du col de l’utérus qui préconise de réaliser un test de dépistage « tous les 3 ans, entre 25 et 65 ans » (intégralement remboursé). Pourquoi s’arrêter après 65 ans ? Cliquez ici pour lire la suite...

Les deux raisons invoquées par l’Institut sont : « une forte diminution du risque de développer un cancer du col utérin après 65 ans et une balance bénéfice/risque du dépistage devenant défavorable. »

Commentaire de PDAP : nous avons cherché à mieux comprendre en consultant le site de la Haute autorité de santé ; silence total. Nous nous sommes alors rabattus sur des sites plus grand public. La revue TopSANTE évoque sur son site une étude de l’American journal of preventive medecine de mai 2017 laquelle conclut après enquête que « Le taux d'incidence du cancer du col de l'utérus chez les femmes âgées, corrigé du statut d'hystérectomie, n'a pas diminué avant l'âge de 85 ans. »

Le site Doctissimo présente quant à lui « un débat redondant » dans le monde médical ; le dépistage au-delà de 65 ans mériterait certaines précautions. Nous avons relevé parmi elles : la prise « en compte des possibles complications psychologiques liées à un diagnostic de lésions précancéreuses » et « l’espérance de vie générale. » Notre perplexité reste donc entière.